Au service de l'égalité femmes/hommes dans les entreprises et les territoires

Innover les 8 mars et 25 novembre pour ancrer sa politique en faveur de l’égalité femmes hommes !

8 mars, 25 novembre. Deux dates qui, pour les personnes engagées en faveur de l’égalité femmes-hommes, sonnent de manière familière aux oreilles. Journées phares, devenues au fil du temps des dates institutionnelles, elles font désormais figure de rendez-vous incontournables pour les collectivités. 

C’est pourquoi nous avons choisi d’en faire le thème du 1er atelier live de Perfégal*, avec comme question fil rouge : comment capitaliser sur les journées du 8 mars et du 25 mars pour inscrire de manière durable les enjeux de l’égalité femmes-hommes dans les politiques publiques ?

Ce premier atelier Live a permis d’identifier des pistes de réflexions et d’actions. 

Des problématiques communes à toutes les collectivités engagées

Il est souvent observé un manque de connexion entre les initiatives autour du 8 mars et du 25 novembre et la politique égalité FH conduite. Ces dates sont trop souvent réduites à leur dimension culturelle et événementielle. Elles sont aussi chronophages pour les chargé.e.s de mission qui ne sont pas à temps plein toujours sur l’égalité. Les événements ne sont pas toujours propices à attirer un nouveau public. Ils ne déplacent souvent que des personnes déjà sensibilisées à ces questions… Voici les limites que font fréquemment remonter les personnes engagées sur ces temps de mobilisation.

Cela s’est à nouveau vérifié dans les échanges de ce premier atelier. Les participant.e.s, qu’elles.ils dépendent d’une région, d’un département, d’une commune ou d’un EPCI ont rencontré des problématiques similaires. Elles et ils opèrent le même constat : les collectivités ne travaillent pas ou très peu en réseau et les événements organisés dans le cadre du 8 mars et du 25 mars s’intègrent rarement dans une stratégie globale tout au long de l’année.

Le choix d’une thématique : intégrer les mobilisations aux compétences de la collectivité

L’enjeu des événements du 25 novembre et du 8 mars est donc d’aller au-delà de la façade ou du vernis politique. Il s’agit de privilégier des temps de qualité, propres à répondre aux exigences d’un public averti, ou à intéresser par le biais d’actions plus symboliques, un nouveau public. Capitaliser sur la transversalité des questions d’égalité est une façon de les intégrer dans toutes les politiques locales. A cet égard, Perfégal recommande le choix d’un thème en lien avec les compétences de la collectivité. C’est un bon moyen de lier les événements aux actions menées par la collectivité, tout en favorisant le développement et la diffusion d’une culture de l’égalité en interne. Le thème doit être choisi en collégialité et en y associant les services concernés de la collectivité. C’est par exemple le choix qu’a effectué la ville de Lyon, à l’occasion du 8 mars 2020, en questionnant la place des femmes dans la culture à travers plus de 70 événements organisés en partenariat avec les associations.

Pour aller plus loin, un appel à projet lié à la thématique en question peut également être mis en place. Cela permet aux services concernés de s’emparer du sujet. Cela permet aussi aux actions sélectionnées d’exister au-delà des temps forts du 8 mars ou du 25 novembre. C’est une initiative que mène notamment de la ville de Toulouse, depuis 2016, via un appel à projets annuel. En 2019, la thématique choisie avait elle aussi pour ambition d’intensifier l’accès des filles et des femmes à la culture. La collectivité a alloué une enveloppe budgétaire de 25 000 euros aux quatre projets sélectionnés.

La mise en réseau : support à l’innovation

Ces deux dates peuvent aussi  être l’occasion pour les collectivités de collaborer entre elles. A ce niveau, celles-ci ont un rôle institutionnel à jouer. Elles peuvent servir de soutien à la coopération des acteurs et actrices de l’égalité sur le territoire qu’il s’agisse des associations, des entreprises ou du réseau des professionnel.le.s. Avec l’administration publique, tous.te.s peuvent en effet contribuer à créer le « cercle vertueux » d’une société plus égalitaire, que Laure Bereni nomme « l’espace de la cause des femmes ».[1]  Par exemple, La Région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur co-organise depuis quatre ans avec la Ville de Marseille une manifestation à l’occasion du 25 novembre qui a pour objectif de mutualiser les actions de services, et pour laquelle les départements sont invités à participer.

Faire réseau c’est aussi possible par « l’égalité se tape l’incruste ». Cette expression d’un.e des participant.e.s de l’atelier illustre l’idée que l’on peut s’inviter chez les autres pour parler d’égalité femmes hommes. Dans des événements, on peut animer un atelier, un stand, une conférence liant le thème de l’événement et de l’égalité femmes hommes. Cela durant le 8 mars ou le 25 novembre ou pas !

Un grand merci aux 11 participant.es de ce premier atelier Live. Il a permis de souligner la proactivité et la créativité nécessaires aux chargé.e.s de mission Egalité.

 

[1] Laure BERENI, « Penser la transversalité des mobilisations féministes : l’espace de la cause des femmes », dans Christine BARD (dir.), Les féministes de la 2ème vague, Presses universitaires de Rennes, 2012.

 

*Les ateliers live sont des temps d’échanges et de mise en réseau sur les pratiques en matière d’égalité FH. L’atelier est animé en visio conférence par une des dirigeantes de Perfégal. Les échanges donnent lieu à un compte rendu.