Au service de l'égalité femmes/hommes dans les entreprises et les territoires

Égalité Femmes Hommes : quand les mots ne sont pas accessoires

L'écriture inclusive

Rémunération, parité, mixité, on progresse du côté de l’Égalité Femmes Hommes. Grâce aux lois, aux associations, à l’éducation et grâce aussi à nos conseils… la situation évolue. Lentement diraient les uns, « sûrement » pourrions-nous leur répondre !

Des changements de fond, à côté desquels la féminisation des noms ou l’écriture inclusive peuvent être perçus comme des points de détails, comme accessoires. Mais la forme compte aussi : rhétorique, publicité, éducation… les mots que nous choisissons d’utiliser ne sont pas anodins. En changeant la manière de dire, on change aussi la manière de penser ce qui nous entoure.

Demander à quelqu’un de dessiner un ingénieur ; dans tous les cas, cette personne vous dessinera un homme, et pense que c’est un homme que vous désignez. En expliquant aux jeunes femmes qu’elles peuvent devenir ingénieurES, on leur ouvre la voie vers un métier qui leur ressemble aussi. En tant qu’action isolée, les effets seraient sans doute minimes mais comme pierre à l’édifice de l’égalité, et en complément de tous les autres outils, ça marche ! Nous vous en donnerons bientôt des exemples.

Pourquoi c’est difficile de convaincre

Parce que c’est un changement et comme tout changement, il se heurte à un certain nombre de résistances. Certains pensent que le rapport effort/effet ne serait pas rentable : on toucherait à un élément clé de notre culture sans pour autant faire bouger les lignes en faveur de l’égalité femmes hommes. Pourtant, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin, comme l’explique le Haut Conseil à l’égalité : cela a été imposé par des grammariens et lexicographes au XVIIème siècle.

Mais l’Académie française, haut lieu paritaire, reste un arbitre pratique à invoquer, qui annonce que « conformément  à sa mission, défendant l’esprit de la langue et les règles qui président à l’enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes ». Entendez, les anglicismes enrichissent la langue française, pas la féminisation !

Alors on fait comment  ? 

On s’y met ! Et ce faisant, on agit sur un élément fort qui structure notre façon d’envisager le monde : le langage. Pour se lancer, on dispose aujourd’hui d’un outil dédié : l’écriture inclusive. Une écriture dont l’objectif est d’assurer l’égalité de représentation des femmes et des hommes notamment grâce à nouveau signe de ponctuation, le point milieu. Celui-là même que nous utilisons sur ces pages et qui vous fera lire étudiant·e·s ou professionnel·l·es.

Depuis quelques semaines, cette écriture dispose même d’un manuel crée par l’agence de communication « Mots-Clés », inspiré par le guide pratique publié en novembre 2015 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Nos expériences de formation et d’accompagnement nous ont toutefois montré qu’il ne faut pas que cette écriture inclusive puisse être un sujet de blocage au sein des entreprises ou des collectivités : commencer par dire et écrire « les habitants et les habitantes » « les citoyens et les citoyennes »… C’est un premier pas qui compte !